La mise en place d’une préparation spécifique repose sur une évaluation initiale fiable et reproductible des capacités de l’athlète. Des tests validés permettent non seulement d’objectiver le niveau de départ, mais également de suivre l’évolution des qualités physiques et physiologiques au cours du cycle d’entraînement. La Vitesse Maximale Aérobie (VMA) ou ses équivalents (vitesse maximale aérobie en natation, puissance maximale aérobie à vélo), ainsi que le résultat actuel sur l’épreuve ciblée, constituent un socle minimal pour initier une planification spécifique.
Dans la pratique, les zones d’intensité sont fréquemment définies à partir d’un pourcentage de la VMA ou de la PMA. Si cette approche présente l’avantage d’être simple et opérationnelle, elle comporte néanmoins des limites importantes. Deux athlètes présentant une VMA identique peuvent afficher des performances très différentes en compétition, en raison de différences d’économie de mouvement, de seuils physiologiques, de profil métabolique ou encore de capacité à répéter les efforts. Ainsi, l’utilisation exclusive de pourcentages issus de tests maximaux peut conduire à une approximation des zones de travail, parfois éloignée des exigences réelles de la course.
Dans ce contexte, les tests de lactatémie occupent une place particulièrement intéressante dans l’évaluation et le suivi de l’athlète d’endurance. La mesure de la concentration de lactate sanguin au cours d’un test progressif permet d’identifier avec davantage de précision les différentes transitions métaboliques de l’organisme, notamment les seuils physiologiques associés à l’apparition puis à l’accumulation importante du lactate. Ces données offrent une lecture individualisée du fonctionnement énergétique de l’athlète et permettent d’aller au-delà d’une simple approche basée sur des pourcentages standardisés.
Par ailleurs, le suivi régulier des paramètres lactiques constitue un outil pertinent pour observer les adaptations à l’entraînement. Une diminution de la lactatémie pour une même vitesse ou une même puissance peut traduire une amélioration de l’efficacité aérobie, de l’économie gestuelle ou des capacités oxydatives musculaires. À l’inverse, une dérive inhabituelle des valeurs peut parfois révéler un état de fatigue, une récupération insuffisante ou une mauvaise adaptation de la charge d’entraînement.
Enfin, l’intégration de tests variés — qu’ils soient physiologiques, terrain ou réalisés en situation compétitive — apparaît indispensable pour construire une approche cohérente et individualisée de la performance. Cette logique de terrain, recommandée par de nombreux auteurs et entraîneurs, vise à rapprocher les intensités d’entraînement des contraintes réelles de la compétition, afin de proposer une préparation à la fois précise, évolutive et adaptée au profil spécifique de chaque athlète.

